Vannier, le plus ancien métier de l’humanité
Loin d’être un artisanat essentiellement réservé aux touristes, la vannerie (Tassalat) ou sparterie est un élément de tradition dans la vie quotidienne des marocains.
Artisanat Essaouira : la vannerie, la spécialité ancestrale des artisans souiri et marrakchi
Les matières végétales se décomposant rapidement, seules des conditions de sécheresse particulières ont permis de les dater au carbone 14. Loin d’être un artisanat essentiellement réservé aux touristes, la vannerie (Tassalat) ou sparterie est un élément de base dans la vie quotidienne des marocains. Contrairement à tant de métiers manuels, les travaux de vannerie sont exclusivement réservés aux hommes. Coïncidence ? Dans l’ancienne Egypte, le palmier Doum était le symbole du principe masculin dans la nature et représentait le dieu Thot. Les articles exposés le long des routes et dans les ruelles des médinas, proviennent tous de fermes isolées dans l’arrière pays. Traditionnellement, les matériaux sont ramassés au printemps, mis à sécher sur les toits plats des douars durant l’été et travaillés pendant la saison froide. Occupation ancestrale, elle était réservée aux hommes mûrs, qui tressaient à grands renforts de thé et de bavardages. Cet ouvrage de patience est repris maintenant par des artisans de tous âges car la demande augmente sans cesse.
Au Maroc, on utilise les feuilles de palmier Doum, le petit jonc ou Smaar, dans la région d’Essaouira et Marrakech, et le gros jonc qui pousse à Essaouira et Massa. Alors que les Berbères utilisent le « doum » pour la fabrication de tous les objets quotidiens, le jonc est spécifiquement travaillé par les populations Arabes. Le travail du jonc a été longtemps réservé à la fabrication des nattes, utilisées comme couchage, tapis de sols ou de murs, en guise d’isolation.
Le jonc torsadé, ou G’dim, est utilisé pour fabriquer des dessous de plat, des paniers en forme de tagines avec leur couvercles coniques ou encore des récipients servant à transporter le poisson fraîchement acheté à la criée. Les couleurs qui ornent les torsades sont entièrement obtenues à l’aide de pigments naturels : murex, safran ou encore vert « grenadine ». Nous n’avons pas d’explication pour cette dernière étrange formulation ; tout laisse à supposer que le vert franc et brillant des feuilles de grenadier à donné son nom à la teinte.
C’est le Mahlem (maître artisan) Braïch Mohamed qui a inventé le panier rectangulaire en natte de jonc typiquement Souiri en 1995. Les nattes sont tendues sur un gabarit en métal, (autrefois en bois) puis mouillées, afin de prendre cette forme spécifique. Toutes les anses, poignées et détails de cuir, sont ajoutés à Marrakech. Des camions entiers de paniers font la navette entre les campagnes et la ville afin d’être accessoirisés et revenir pour la vente en médina. Le panier « Marrakchia » quant à lui est fait en feuilles de palmier. Le « couffa » Berbère ou « Akrab » est le plus ancien des paniers recensés sur le marché ; simple et fonctionnel, il garnit le dos des ânes ou mulets pour transporter toute sorte d’objets hétéroclites, y compris chèvres ou moutons. Dans la région de Meskala, le long de l’oued Ksob, (Gssab veut dire roseau en arabe) on trouve une qualité de roseaux particulièrement résistants qui servent à faire des paniers ronds assez rigides servant à transporter raisins ou figues.
Lorsque nous choisissons un simple panier à provisions nous n’imaginons pas le nombre d’heures qu’occupent les mains agiles des vanniers, les Salala à travailler ces végétaux.
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