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Chaleur et couleurs

Le 2010-08-16 13:59:44

Couvertures a Essaouira Une balade dans les souks est largement agrémentée par la vision des multitudes de couvertures suspendues dans les échoppes. De toutes couleurs, sobres ou bigarrées, elles ont leur place dans tous les intérieurs. Pour mieux apprécier les modestes prix demandés, il faut savoir dans quelles conditions elles sont fabriquées.

 

 

 

 

 

La tradition du tissage est apparue très tôt dans l’histoire du Maroc. 

Cette tâche était principalement réservée aux femmes berbères su donner à ces objets utilitaires un sens spirituel et magique. Fabriquées en milieu rural à base de poils de chèvres, moutons, ou chameaux, les couvertures se sont adaptées aux exigences urbaines. Plus légères, elles sont maintenant créées avec des fils de coton ou laine plus ou moins synthétiques, et agrémentées de « sabra ». Cette fausse soie qui a l’avantage de se laver, est extraite d’une espèce d’aloès Mexicain.


La majorité des pièces qu’on peut voir sur le marché provient de Sebt Gzoula, village situé à environ 80 kilomètres d’ici, sur la route de Safi, Casablanca.

A cet endroit une centaine d’atelier avec des métiers assez récents, bien que toujours mécaniques, produisent des quantités industrielles de couvertures. Essaouira compte une trentaine d’ateliers en activité, mais seuls 3 ou 4 existent encore dans la vieille ville. La plupart des artisans viennent de Marrakech ou Safi.


Sidi Brahim est un pur Souiri qui exerce depuis plus de 60 ans. Son fils, Hicham, jeune homme d’une vingtaine d’année, prend la relève dans l’entreprise familiale et n’imagine pas pratiquer un autre métier !

Des heures durant, deux personnes lancent la « navette volante », pour former une trame chatoyante sur la « chaîne » du vieux métier fabriqué en 1972. Sidi Brahim est  un des rares artisans encore capables de monter une « chaîne » ; ce qui lui prend au minimum 4 heures. Le châssis, généralement en bois d’eucalyptus est fabriqué selon les normes très précises transmises par les « mahlems » (maîtres artisans). Les navettes, « actrices » principales de l’opération, proviennent de Fez et leur coût est très élevé. Dans un coin de l’atelier, un apprenti, généralement un jeune de la famille, est chargé de créer les bobinettes à l’aide d’un étrange appareil dont une partie est constituée d’une roue de vélo.


Rayures fines ou larges, mélanges de couleurs harmonieuses ou contrastées, commandes spéciales, tout peut sortir des mains et du savoir faire de ces artisans. Leur production est d’environ 4 pièces par jour qui finiront en tentures, rideaux et autres coussins afin d’ensoleiller nos décors européens.

 

le 13/08/10 par Solange Barault Clips Mags


 

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